celuici le suivant pas àpas sans prononcer une parole, tous deux haletants, tous deux livides, le vivant poussant le mort devant lui, et le forçant d'abandonner ce château quiétait sa demeure dans le passé, pour la tombe qui était sa demeure dans l'avenir. Oh , c'était horrible à voir, je vous jure, Et pourtant, mue moimême parune force supérieure, invisible, inconnue, sans me rendre compte de ce que je faisais, je me levai et je les suivis. Nous descendîmes l'escalier, éclairésseulement par les prunelles ardentes de Kostaki. Nous traversâmes ainsi la galerie, ainsi la cour. Nous franchîmes ainsi la porte de ce même pas mesure, lespectre à reculons, Grégoriska le bras tendu, moi les suivant. Cette course fantastique dura une heure, il fallait reconduire le mort à sa tombe, seulement,au lieu de suivre le chemin habituel, Kostaki et Grégoriska avaient coupé le terrain en droite ligne, s'inquiétant peu des obstacles qui avaient cesséd'exister . sous leurs pieds, le sol s'aplanissait, les torrents se desséchaient, les arbres se reliaient, les rocs s'écartaient . lacoste pas cher homme, le même miracle s'opéraitpour moi qui s'opérait pour eux . seulement tout le ciel me semblait couvert d'un crêpe noir, la lune et les étoiles avaient XV LE MONASTÈRE DE HANGO. 154 Page 158 Les mille et un fantomes disparu, et je ne voyais toujours dans la nuit briller que les yeux de flamme du vampire, Nous arrivâmes ainsi à Hango,ainsi nous passâmes à travers la haie d'arbousiers qui servait de clôture au cimetière, A peine entrée, je distinguai dans l'ombre la tombe de Kostaki placée à côté de celle de son père, j'ignorais qu'elle fût là, et cependant je la reconnus. Cette nuitlà je savais tout. Au bord de la fosse ouverte, Grégoriskas'arrêta. Kostaki, ditil, tout n'est pas encore fini pour toi, et une voix du ciel me dit que tu seras pardonné si tu te repens . prometstu de rentrer dansta tombe, prometstu de n'en plus sortir . soldes lacoste prometstu de vouer enfin à Dieu le culte qui tu as voué à l'enfer .Non , répondit Kostaki.Te repenstu . demanda Grégoriska.Non ,Pour la dernière fois, Kostaki .Non ,Eh bien , appelle à ton secours Satan, comme j'appelle Dieu au mien, et voyons, cette fois encore, à quirestera la victoire, Deux cris retentirent en même temps . les fers se croisèrent tout jaillissants d'étincelles, et le combat dura une minute qui me parutun siècle, Kostaki tomba .